De la nécessité d’un choix.
— Etude circonstanciée et quelque peu rébarbative de la technique dite: " jouer le pot ".
On joue au poker, sur le plan strictement technique, de deux manières différentes : on " joue le b1ind " ou on " joue le pot ". Il faut choisir.

Chaque coup d’une partie où les joueurs jouent le pot se déroule de la manière suivante.

Premier stade du coup
Avant la distribution des cartes, chaque joueur met sur le tapis une mise identique (en général un "chip", ou plus petit jeton).
L’ensemble des chips constitue le pot.
La première donne achevée, c’est le premier joueur placé à la droite du donneur (appelons-le A) qui doit parler le premier. Il a le choix entre deux attitudes: " passer " OU " ouvrir ".
S’il passe, il dit " je passé " ou " parole " (les deux termes sont synonymes), mais garde ses cartes entre les mains. S’il ouvre, il dit " j’ouvre ", et met sur le tapis une somme égale au pot.

Supposons que joueur A ait passé
Le joueur suivant (B) peut passer ou ouvrir.
Il fait dans les deux cas les mêmes gestes que son prédécesseur, A.

Supposons que joueur A ait ouvert
B peut passer, tenir, ou relancer. S’il passe, il dit " je passe " et jette son jeu caché sur le tapis. Il est définitivement hors du coup, et perd le chip qu’il a déjà placé sur le tapis.
S’il tient, il dit " tenu " ou " suivi ", et met sur le tapis une somme égale à celle que A y a placée. S’il relance, il se contente d’annoncer le montant de sa relance.

Venons-en au troisième joueur, C
Il a le choix entre trois attitudes passer, tenir ou relancer.
Si le pot n’a pas été ouvert et qu’il dise " je passé ", il garde ses cartes entre les mains. Si le pot a été ouvert et qu’il dise " je passe ", il jette ses cartes, étant définitivement hors du coup.
S’il tient ou s’il relance (le pot ayant évidemment été ouvert), il fait les mêmes gestes que B.

Idem pour les joueurs suivants
Si tout le monde a dit " je passe ", le pot reste où il est et le coup est rejoué. Chaque joueur rajoute un chip, et les cartes passent au donneur suivant. Si quelqu’un a ouvert et qu’un ou plusieurs joueurs aient simplement tenu, l’ouvreur, à ce premier stade du coup, ne peut plus relancer.
Si quelqu’un a ouvert et que personne n’ait tenu, l’ouvreur ramasse le pot sans avoir à montrer son jeu. S’il y a eu ouverture (ou bien ouverture et une ou plusieurs relances), et si un joueur ou plus ont tenu, le coup se poursuit, chaque joueur ayant placé sur le tapis une mise identique. Détail important La phrase " je passe " n’a pas le même sens suivant qu’elle est prononcée avant que le pot soit ouvert, ou après qu’il l’ait été. Avant, elle ne vous met pas hors du coup. Après, Si.
Avant que le pot soit ouvert,
" je passe " peut signifier " je n’ouvre pas car je n’ai rien entre les mains ", mais aussi :

" j’attends ",
" je me réserve ",
" je ne désire pas ouvrir, mais j’ai peut-être un jeu très fort ".

Vous pouvez dire en effet " je passe " avec un très beau jeu en espérant qu’un autre joueur ouvrira avec peut-être un jeu moyen, et que vous pourrez relancer très fort. On voit aisément l’avantage de cette tactique élémentaire : vous laissez d’autres joueurs s’engager, et vous les attendez au tournant.
En revanche, si vous dites " je passe " alors que le pot a été ouvert, cela signifie que vous n’avez rien entre les mains et que vous avez décidé de vous retirer.

Second stade du coup :
Le joueur qui a ouvert le pot est le premier à dire s’il veut ou ne veut pas de cartes.
Etude circonstanciée et également rébarbative de la technique dite " jouer le blind ".
Chaque coup d’une partie où les joueurs jouent le blind se déroule de la manière suivante :

Premier stade du coup :
Avant de prendre connaissance de ses cartes, le joueur placé le premier à droite du donneur met sur le tapis un jeton appelé " blind " (se prononce " blinde "). C’est en général le plus petit jeton, ou chip.
" Blind " est un mot anglais qui signifie " aveugle ". Le joueur qui met le blind — ou " blindeur " — achète ainsi le droit de parler le dernier, ce qui est évidemment un avantage.
Le joueur suivant — toujours avant de prendre connaissance de ses cartes — peut " surblinder " (ou mettre un " surblind "), auquel cas il place sur le tapis une mise double de celle que le blindeur y a placée.
En cas de surbiind, c’est le " surblindeur " qui parle le dernier.
Le joueur suivant — toujours avant de voir ses cartes — peut " overblinder " (ou mettre un " overblind "), ce qui revient à placer sur le tapis une mise double de celle que le surblinder y a placée.
En cas d’overblind, c’est l’overblindeur qui parle le dernier.
Il ne peut y avoir d’ " over-overblindeur ".
Ces problèmes réglés, le donneur distribue les cinq premières cartes.
Les joueurs prennent connaissance de leur jeu.
S’il y a seulement blind, c’est le premier joueur placé à droite du blindeur qui parle le premier.
S’il y a surblind, c’est le premier joueur placé à droite du surblindeur.
S’il y a overblind, c’est le premier joueur placé à droite de l’overblindeur.
Dans un cas comme dans les autres, ce joueur qui est tenu de parler le premier a le choix entre trois attitudes : passer, tenir ou relancer.
S’il passe, il est hors du coup.
S’il tient, il met sur le tapis une mise égale à celle que son prédécesseur (blindeur, surblindeur ou overblindeur) y a placée.
S’il relance, il annonce simplement le montant de sa relance.
Même processus pour les joueurs suivants, qui peuvent donc passer (se mettant ainsi hors du coup), tenir ou relancer.
Le blindeur, quand arrive son tour de parler, peut relancer, même si les autres joueurs se sont contentés de tenir son blind.
idem pour le surblindeur et l’overblindeur.
En revanche — détail important — un joueur qui a seulement tenu le blind(ou le surblind, ou l’overblind) ne peut plus relancer, à ce premier stade du coup, si personne n’a relancé après lui.
Si un ou plusieurs joueurs ont simplement tenu le blind, et que le blindeur ne veuille pas relancer, il joue le coup sans avoir à remettre de l’argent sur le tapis, puisque sa mise y est déjà.
Il n’a donc pas intérêt, même s’il n’a rien entre les mains, à passer.
Si en revanche il y a eu surblind (ou surblind et overblind), et qu’un ou plusieurs joueurs aient simplement tenu, le blindeur doit, pour jouer le coup — supposé qu’il ne veuille pas relancer — mettre au tapis la différence entre le surblind et le blind (ou entre l’overblind et le blind).
Même processus pour le surblindeur.

S’il n’en veut pas, ayant un jeu complet entre les mains (ou désirant laisser croire qu’il a un jeu complet), il se déclare " servi ". S’il en veut, il en indique le chiffre, écarte de son jeu les cartes qui ne lui servent pas et les jette cachées sur le tapis. C’est ce qu’on appelle " l’écart ".
Le donneur lui donne les cartes demandées en prenant les premières qui se présentent sur le talon, c’est-à-dire sur les cartes qu’il reste à distribuer.

Même processus pour les autres joueurs
La seconde donne achevée, nous nous trouvons dans une situation exactement semblable à ce qu’elle était avant l’ouverture du pot, à cette différence près que, cette fois, le joueur qui doit parler le premier n’est pas nécessairement celui qui est placé le premier à la droite du donneur, mais celui qui a ouvert le pot.
L’ouvreur du pot parle donc, et a le choix entre deux attitudes : passer ou relancer
S’il passe, il dit " je passe ", mais garde son jeu entre les mains.
S’il relance, il annonce simplement le montant de sa relance, qui peut être au minimum le plus petit jeton, c’est-à-dire un chip. Dans ce cas, le joueur met son jeton sur le tapis en disant " chip ".
Et les attitudes entre lesquelles les autres joueurs ont le choix sont les mêmes qu’au premier stade du coup : passer, tenir ou relancer.
Si deux ou plusieurs joueurs ont tenu la relance la plus forte, les jeux sont abattus et le jeu le plus fort ramasse tout.
Si un joueur a relancé — ou relancé sur une relance — et que personne n’ait tenu, il ramasse tout sans avoir à montrer son jeu. Si tout le monde est passé, le pot reste où il est, et le coup est rejoué en entier.
(Chaque joueur qui s’est retiré au premier stade du coup a le droit de participer — ou de refuser de participer — au nouveau coup).
S’il veut y participer, il doit mettre au pot ce qu’il faut pour que chaque joueur soit engagé pour une somme identique.
Si par exemple le pot de départ était de 5 €, et que trois joueurs sur cinq se soient trouvés engagés au second stade du coup pour 5 € chacun, non compris le pot de départ, les joueurs qui s’étaient retirés au premier stade mettront chacun 5 €. Le coup n’ayant pas été joué, le pot de départ appartient toujours à l’ensemble des joueurs. En toute logique, le joueur qui refuse de participer au nouveau COUP serait en droit de retirer sa mise de départ : l’usage veut qu’elle soit perdue. (Ici encore, la phrase " je passe " n’a pas le même sens suivant qu’elle est prononcée avant que lon ait enregistré une relance, ou après.
Avant, elle ne met pas le joueur hors du coup. Après, si.)