Quand j’enseigne la théorie du hold’em no limit dans les séminaires, j’aime utiliser un exemple issu des World Series of Poker (WSOP) de 2001. Je regardais très attentivement Daniel Negreanu pendant le championnat lors du troisième jour. Dans cette main particulière, Daniel a ouvert a hauteur de 10.000 dollars. Je savais qu’il n’avait rien, et quand mon tour est venu de parler, j’ai misé 30.000 dollars avec 10-24 (bluff).
Maintenant, John "World" Hennigan décide de faire all in pour 30.100 dollars, et Daniel s’empresse de passer sa main. J’ai suivi les 100 dollars de plus, mais j’en aurais suivi 10.000 a cause de la taille du pot (j’avais un tapis d’environ 210.000 dollars a cet instant). Après tout, le pot contenait déjà mes 30.000 dollars, plus les 30.100 dollars do John et les 10.000 de Daniel.

A mon grand dam, le directeur du tournoi nous a demandé de retourner nos caries avant le flop pour finir le COUP (Ce que est la règle quand un soul joueur encore en lice possède encore des jetons). Cette reste, gui prévalait à l’époque aux WSQP, a été adoptée par les opérateurs du poker international en 2002, et sa justification est d’empêcher toute collusion entre joueurs. Beaucoup de joueurs top-niveau la détestent royalement car elle les force à découvrir un jeu qu’ils auraient prétérit garder secret, donc à dévoiler tour façon de jouer. Tout le monde assiste donc, gratuitement, à ce quo font les grands joueurs. (“Comment, il a fait all-in avec une main aussi nulle ?“)

Quand les mains sont annoncées, un brouhaha do réprobation s’est fait entendre dans le hall (“Comment Phil peut-il entrer avant le flop pour 30.000 dollars avec seulement 10-2 ?“), et la plupart des joueurs restant dans le tournoi sont venus pour regarder la fin du coup. John avait 9-9 et je n’avais que 10-2. C’était simple j’avais besoin d’un Dix pour gagner. Le flop - et la turn ont formé le tableau 7-8-3-K, et il a fallu attendre la river pour qu’enfin un Dix tombe Queue carte de chance pour moi.

Je ne sais pas ce que John faisait en jouant ses 30.000 derniers dollars dans un pot qui avait été relancé et sur relancé avant le flop, et c’est une chose que je n’aurais pas faite. Je n'avais pas bluffé du tout ce jour-là, et même si tu pouvais suspecter que je bluffais, les Neuf ne constituent pas une assez bonne main pour aller voir avec, d’autant qu’il ne pouvait plus me sur relancer pour me faire passer. De plus, John pouvait craindre que Daniel suive ma relance, ce qui lui aurait infligé deux adversaires à battre et aurait rendu sa paire de Neuf hautement vulnérable. Pour terminer, John aurait du imaginer qu’il allait finir en tête-à-tête avec moi, et ma sur relance aurait du le persuader que j’avais une bonne main.

Cela étant, l’instinct de John a eu raison puisqu’il a suivi un joueur qui bluffait, et qu’il a deviné que Daniel bluffait lui aussi ! En tout cas, voici un exemple de coup qui a été gagné par quelqu’un qui tenait un faux jeu. Daniel avoua plus tard qu’il possédait un Six.

Si quelqu’un relance d’un petit montant avant le flop (moins de 5% de mes jetons), je suivrai souvent avec les consécutives assorties pour voir le flop. Quand je procède de la sorte, je fais les plus grands efforts pour décrypter au mieux mes adversaires. Parfois, cela marche magnifiquement et je touche un flop excellent, ce qui me permet de gagner un gros pot. Ca encore, je dois me faire violence et jeter mes cartes pour éviter de perdre davantage de jetons. Il peut aussi arriver que je me trompe moi-même en “oubliant” de jeter mes cartes après le flop.

Je suis capable de piéger avec de grosses mains telles que la paire de Dix, de Valets, de Dames, de Rois ou d’As, mais je fais bien attention de ne pas me piéger moi-même avec ces mains-là ! J’utilise rarement cette tactique car elle peut être dangereuse en hold’em no limit.

Je déteste faire all-in, quelle que soit la main que je possède. Car quand vous êtes all-in, vous pouvez sauter ! A moins, bien sur, que vous n’ayez le “jeu max” autorisé par le flop, auquel cas c’est avec la plus grande joie que je fais all-in. Pour que je fasse all-in en hold’em no limit, il faut vraiment que je ne puisse pas faire autrement.

Plus souvent que je le voudrais, je jette la meilleure main quand je joue au hold’em no limit. Je jette des mains très fortes si je pense qu’elles sont battues, indépendamment de la taille du pot. Quand vous pouvez faire cela, vous pouvez échapper à des situations perdantes, et même considérer que vous avez réalisé un gain émotionnel. J’ai passé les Rois avant le flop au Championnat du Monde 2001 quand un adversaire, qui avait ouvert a 1.200 et que j’avais relancé a 3.800, a fait all-in a 12.000 dollars. J’ai pensé qu’il avait la paire d’As, aussi ai-je passé plutôt que de risquer mes derniers jetons. Comme il allait jeter ses cartes, je lui ai dit “Allez, montre-moi tes As ! "Et il l’a fait".